Notre Blogue

Emplois, recrutement et chasse de tête au Québec

L’immobilisme et le papillonnage

01 Mars 2011, par Équipe Thorens Chasseurs de têtes

Lors de notre dernier billet nous vous avons fait part des enjeux liés à la mobilité interne et externe. Le billet d’aujourd’hui est donc la continuité de ce thème. En effet, il sera question de deux attitudes opposées pouvant grandement nuire à votre carrière : l’immobilisme et le papillonnage :

L’immobilisme : Que cela soit par confort, par peur de se tromper, de prendre des risques ou encore d’avoir un lien affectif fort à son milieu de travail, il est souvent tentant de se laisser enfermer dans une sorte de routine professionnelle. Pourquoi pas si cela correspond à un choix personnel assumé, mais d’un point de vue de la carrière cela a pour conséquence de faire baisser votre employabilité.

Un travailleur qui pendant 15 ans a eu exactement le même poste (que cela soit pour un ou plusieurs employeurs) est rarement attirant pour un employeur (au mieux on vous proposera de faire encore une fois la même chose car on recherchera une certaine expertise).

Le piège est également vrai pour quelqu’un qui change régulièrement de poste mais qui ne change jamais d’entreprise. La stabilité est bénéfique et rassurante pour un recruteur, mais selon une certaine limite. Passer de 5 à 10 ans au sein d’une même entreprise est souvent très bien perçu, mais au-delà de 10-15 ans cela peut commencer à faire peur, surtout en ce qui concerne les postes cadres. En effet le changement est souvent perçu comme synonyme d’ouverture d’esprit, de capacité à agir et à s’adapter. Il donne également la capacité d’apporter des idées originales tirées d’expériences de travail multiples.

De plus, même si cela peut paraître paradoxal, il est souvent préférable de partir lorsque tout va bien plutôt d’attendre que tout aille mal. Car dans le premier cas vous partirez suite à un vrai choix, entre deux situations professionnelles satisfaisantes, vous optez pour celle qui vous semble la plus prometteuse.

Le papillonnage : Il peut être pire que l’immobilisme, car l’instabilité chronique est le meilleur moyen à long terme de saboter votre carrière. À force de se dire que l’herbe est plus verte ailleurs, certaines personnes tombent dans une spirale du changement qui a finalement l’effet inverse par rapport à ce qui l’a motivé initialement : au lieu d’améliorer ses conditions matérielles  et son intérêt au travail, la personne finit par stagner et se voit proposée indéfiniment le même poste (car le seul point qui accroche encore l’intérêt d’un employeur potentiel est le fait de maîtriser une compétence rare sur le marché).

S’il est vrai qu’une mobilité externe peut souvent être synonyme d’augmentation salariale, cela est à tempérer par le fait qu’un employeur ne misera pas sur quelqu’un qui changé 5 fois d’entreprises en 5 ans. Le risque inhérent à une telle embauche ne justifiera pas qu’il fasse en plus un effort au niveau salarial. Pour progresser au niveau salarial, il est important d’adopter une vision globale à long terme (voir notre billet du 22 novembre 2010).

Chaque nouveau poste nécessite en général de deux à trois années de travail pour être en complète maîtrise (connaissances techniques spécifiques, environnement interne et externe), auquel on peut encore ajouter une à deux année pour vraiment en avoir fait le tour et ne plus rien apprendre.

Changer constamment ne permet donc pas d’aller au fonds des choses, car être professionnel ne résume pas à maîtriser une technique particulière : c’est aussi pouvoir comprendre un environnement complexe et changeant, s’adapter à des difficultés, surmonter des frustrations. Il y a donc une vraie différence entre un changement réfléchi et opportun et une attitude qui s’apparente à une fuite en avant.

Une carrière est composée de choix. Vu l’importance de ses choix, il est important de s’arrêter, de réfléchir et de penser à long terme lors que vient le temps de faire ces choix. Une mauvaise décision peut coûter cher à court et moyen long terme.